Depuis combien de temps nous serine-t-on que le dépistage est la clé de voûte de la réussite des traitements du cancer ? J’ai l’impression d’avoir entendu cela toute ma vie…



Campagnes de pub, témoignages de stars, déclarations officielles… On ne nous a rien épargné. Et on a fini par y croire un peu. Mais on apprend coup sur coup que les techniques de dépistage du cancer de la prostate et du cancer du sein n’étaient pas fiables et qu’il faut les changer dare-dare. Il y a peu, on a aussi changé le test de dépistage du cancer du côlon : le test revenait négatif chez près de 50 % des personnes porteuses de ce cancer !

dépistageVous êtes un homme en bonne santé et un beau jour une analyse de sang vous détecte un taux anormalement élevé de PSA, alors même que le toucher rectal de votre médecin n’a rien décelé et que vous urinez comme un jeune homme. Vous êtes bon pour la biopsie et l’ablation, si vous n’avez pas de chance.

Vous êtes une femme dans la fleur de l’âge et à la suite d’une banale mammographie, le médecin a des doutes et vous propose de traiter ce qui pourrait être une tumeur naissante. Au mieux, vous risquez d’y perdre un sein…

Vous étiez en bonne santé et on vous a rendu malade ou mutilé. Votre moral tombe au plus bas, vous vivez dans l’angoisse de la maladie. On s’est trompé, vous n’aviez rien, mais quelque part, on vous a tué.

Beaucoup d’autres examens de dépistage pourraient faire l’objet de la même remise en cause, notamment dans le cas du cancer du poumon (même avec les méthodes les plus modernes) ou du cancer de la thyroïde.

Ce ne serait pas moins de 60 % des cancers de la prostate, 15 % des cancers du sein et 15 % des cancers de la thyroïde qui seraient concernés par les effets pervers du surdiagnostic. Merci pour tous ces gens qui ont ou vont subir le traitement chimio et radio inutilement !

On nous annonce de meilleurs tests dans un futur proche. Bravo ! Mais rien ne me dit qu’ils seront plus exacts que les précédents. D’autant que le cancer se développe (ou régresse) de manière exponentielle. Un jour, nos appareils ne détectent rien, le lendemain, ils le voient. Il apparaît d’un coup et peut aussi disparaître de lui-même, alors le dépistage…

Alors, que faire quand votre médecin vous propose un dépistage ?

santePar principe, vous l’avez compris, vous devez vous méfier du dépistage et de ses conséquences. N’oubliez pas que le prélèvement d’un petit bout de « tumeur » est le dépistage ultime et que cette intrusion mécanique accélère parfois la prolifération de métastases si vous avez effectivement une petite tumeur ou simplement une petite lésion. Et priez surtout pour que les médecins n’aient pas de doutes, sinon ils vont vous entraîner dans la spirale infernale de la radiothérapie, de la chimiothérapie, de l’hormonothérapie.

Mais si vous êtes déjà engagé, ou convaincu par l’utilité d’un dépistage, le seul conseil que je puisse vous donner est triple :

  1. Si votre médecin vous paraît froid ou abrupt, trouvez-en un autre.
  2. Avant de trancher, votre médecin doit vous présenter en détail et en toute sincérité les diverses attitudes thérapeutiques actuelles, les bénéfices et les effets indésirables qu’on peut en attendre. C’est de votre avenir qu’il s’agit, pas du sien !
  3. Même si votre médecin vous paraît convaincant, il est sage d’aller voir d’autres spécialistes. Ce peut être vital, car il n’est pas rare qu’un 2e ou 3e diagnostic contredise le diagnostic initial.

Un peu faible ? Mais que voulez-vous que je vous conseille d’autre face aux errances des politiques de dépistage…

Ce mois-ci, justement, c’était octobre rose, le mois du dépistage du cancer du sein, mais c’est aussi la saison du vaccin contre la grippe. Les Français, dit-on dans les médias, se sont réconciliés avec ce vaccin. Raison de plus pour vous rappeler les dix bonnes raisons qui feront que vous n’irez pas vous faire vacciner cette année.

Alexandre Imbert

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